Aux origines : deux trajectoires, une même intuition
Jane naît de la rencontre entre Nathan Bouldoires et Simon Heurtebise, deux jeunes diplômés qui, chacun de leur côté, explorent un même sujet : comment rendre l’énergie solaire plus locale, plus partagée et plus équitable.
Simon travaille sur le partage d’énergie entre particuliers, en s’appuyant notamment sur l’une des premières opérations d’autoconsommation collective en France, menée sur l’île d’Yeu en mars 2020. Cette expérimentation pionnière met en lumière à la fois le potentiel du modèle et la complexité administrative, juridique et technique qu’il implique.
Nathan, de son côté, approfondit la notion de communautés énergétiques. Son travail porte sur la précarité énergétique, la gouvernance locale et la capacité des territoires à se réapproprier la production et la consommation d’électricité. Il analyse comment les dynamiques collectives peuvent devenir un levier concret de transition énergétique.
Deux approches différentes, mais une même conclusion :
l’autoconsommation collective solaire a vocation à devenir un standard de valorisation de l’énergie, à condition d’en simplifier radicalement la mise en œuvre.
Le constat : une complexité structurelle
Au moment de leur rencontre, un point devient évident. Le cadre réglementaire existe. Les ambitions politiques sont là. Les producteurs sont prêts. Les consommateurs sont intéressés.
Mais la réalité opérationnelle est lourde :
- démarches administratives chronophages ;
- création et gestion de la Personne Morale Organisatrice ;
- échanges techniques avec Enedis ;
- suivi des flux énergétiques et des clés de répartition ;
- pilotage dans la durée.
L’autoconsommation collective n’est pas un problème d’intention, mais d’exécution.
C’est sur ce point que Jane se positionne : transformer une mécanique complexe en un processus lisible, automatisé et pilotable.
2024 : premières reconnaissances et structuration du projet


En 2024, le projet est présenté au concours Talents 2024, qui distingue des initiatives innovantes en Île-de-France. Jane est lauréate. Cette reconnaissance marque un premier jalon : le projet quitte le cadre académique pour entrer dans une phase entrepreneuriale structurée.

La même année, Jane rejoint l’incubateur X-Novation de l’École Polytechnique. Cette intégration permet d’entrer dans une phase de recherche et développement approfondie :
- automatisation des processus de création d’opérations ;
- structuration des flux de données ;
- développement des premières briques d’interfaçage avec Enedis ;
- conception d’une architecture logicielle capable de gérer la complexité réglementaire française.


En janvier 2025, Jane intègre également Leonard, l’incubateur du groupe VINCI, afin d’accélérer les échanges avec des acteurs industriels et énergétiques de premier plan. Ce passage permet de confronter la solution à des cas d’usage réels, à l’échelle d’entreprises et de patrimoines immobiliers importants.
2025 : du prototype aux premières opérations
L’année 2025 marque le passage du concept à l’action. Jane déploie ses premières opérations pilotes aux côtés d’agriculteurs, de producteurs d’énergie et d’entreprises souhaitant partager localement leur électricité solaire.
Ces projets confirment plusieurs éléments structurants :
- le besoin d’un outil centralisé pour la simulation financière ;
- l’importance d’un accompagnement sur la structuration juridique ;
- la nécessité d’un pilotage précis des flux d’énergie et de la facturation ;
- la demande croissante d’acteurs privés et publics pour des modèles locaux.
En septembre 2025, Jane entre officiellement en phase de commercialisation. L’ambition est claire : faire de l’autoconsommation collective une évidence opérationnelle, et non un montage expérimental réservé à quelques pionniers.
La même année, Nicolas Pozin rejoint l’équipe en tant que CTO. Son arrivée structure l’architecture logicielle, renforce la robustesse technique de la plateforme et permet de passer d’un produit en développement à un SaaS scalable.

Pourquoi le nom “Jane” ?
Le choix du nom n’est pas anecdotique. Il rend hommage à Jane Jacobs, figure majeure de la pensée urbaine du XXe siècle.
Jane Jacobs défendait une idée forte : les transformations durables émergent des dynamiques locales. Les systèmes vivants – villes, quartiers, communautés – ne peuvent pas être pilotés uniquement de manière centralisée. Ils reposent sur des interactions, des coopérations et des boucles locales.

Cette vision fait écho à la mission de l’entreprise : permettre à chaque territoire de devenir une communauté énergétique capable de produire, consommer et partager son électricité.
Jane, c’est donc à la fois un hommage intellectuel et un positionnement stratégique : défendre une transition énergétique distribuée, ancrée dans le réel et pilotée avec rigueur.
Aujourd’hui : structurer l’autoconsommation collective
Aujourd’hui, Jane accompagne des acteurs publics et privés sur l’ensemble du cycle de vie de leurs opérations d’autoconsommation collective solaire :
- simulation technico-économique ;
- création et structuration juridique ;
- gestion de la Personne Morale Organisatrice ;
- pilotage des flux et des clés de répartition ;
- suivi de la performance et valorisation.
L’objectif reste constant : rendre l’autoconsommation collective simple à mettre en place et fiable dans le temps.
Demain : vers une répartition intelligente et territoriale de l’énergie
L’étape suivante dépasse la simple gestion administrative. Jane travaille à l’optimisation intelligente des flux énergétiques : arbitrage entre autoconsommation, injection réseau et valorisation locale, en fonction des profils de consommation et des contraintes réglementaires.
L’enjeu est stratégique :
permettre aux territoires de gagner en autonomie, en résilience et en performance économique.
L’histoire de Jane ne se résume pas à la création d’un logiciel. Elle s’inscrit dans une trajectoire plus large : faire de l’autoconsommation collective un pilier structurant du système énergétique français et européen.
Une entreprise est toujours l’expression d’une vision.
Jane est née d’une conviction académique.
Elle se développe aujourd’hui comme un outil industriel au service des territoires.



