À Gensac-sur-Garonne, en Haute-Garonne, la transition énergétique prend une forme très concrète : une commune qui produit, partage et consomme localement son électricité solaire.
La mairie a engagé une opération en deux temps : moderniser une centrale photovoltaïque existante, puis valoriser une partie de cette production à travers une boucle d’autoconsommation collective. Une démarche qui permet à la commune d’alimenter une partie de ses bâtiments publics, tout en faisant bénéficier des foyers habitants d’une énergie locale à tarif préférentiel.
Pour Sophie Petaut-Jean, mairesse de Gensac-sur-Garonne, cette boucle est d’abord “une avancée concrète” pour la commune. Elle résume l’ambition du projet en quelques mots : produire localement, redistribuer localement et faire profiter directement les administrés.
D’un actif solaire existant à une ressource locale stratégique
La commune disposait déjà d’une centrale photovoltaïque de 159 kWc. Comme beaucoup d’installations plus anciennes, son potentiel pouvait être amélioré.
Le repowering de cette centrale a permis de remplacer des équipements vieillissants, d’améliorer la performance de l’installation et de libérer de l’espace en toiture. Résultat : une centrale existante rénovée, une puissance augmentée de 10 %, et une nouvelle centrale de 60 kWc installée sur l’espace disponible.
Ce premier travail technique change la nature du projet. La centrale n’est plus seulement un actif de production. Elle devient une ressource énergétique locale, directement mobilisable pour le territoire.
L’autoconsommation collective : partager l’énergie à l’échelle de la commune
Une fois la production solaire optimisée, l’enjeu est simple : faire en sorte que cette énergie bénéficie directement au territoire.
C’est le rôle de l’autoconsommation collective. L’électricité produite localement est partagée entre plusieurs consommateurs situés à proximité, via le réseau public. À Gensac-sur-Garonne, la boucle permet d’alimenter une partie des besoins de bâtiments municipaux, comme l’école, la salle des fêtes, les bâtiments du stade ou encore l’éclairage public, mais aussi des foyers particuliers.
L’opération réunit aujourd’hui 31 participants : 9 bâtiments municipaux et 22 foyers. Chaque participant peut bénéficier d’un tarif d’électricité plus avantageux que celui du marché, avec jusqu’à 25 % de réduction sur sa facture.
Pour Bashar Chreim, chez Feedgy, l’opération démontre qu’il est possible, “même dans les petites communes”, de produire et partager une énergie locale et renouvelable.
Le rôle de Jane : rendre l’opération pilotable dans la durée
Une opération d’autoconsommation collective ne s’arrête pas à sa mise en service. Une fois la boucle créée, il faut suivre les participants, piloter les flux d’énergie, sécuriser les documents contractuels, suivre les données de production et de consommation, et donner de la visibilité aux parties prenantes.
C’est précisément sur cette dimension que Jane intervient.
La plateforme permet de centraliser le pilotage de l’opération et de suivre son fonctionnement dans le temps : participants citoyens, bâtiments communaux, clés de répartition, production partagée, énergie valorisée et indicateurs de performance.
Un modèle reproductible pour les petites communes
L’exemple de Gensac-sur-Garonne est particulièrement intéressant parce qu’il montre que l’autoconsommation collective n’est pas réservée aux grandes métropoles ou aux grands projets industriels.

Une petite commune peut, elle aussi, devenir productrice d’énergie, organiser le partage local de sa production et faire bénéficier ses bâtiments publics comme ses habitants d’une électricité renouvelable à tarif maîtrisé.
La clé réside dans l’assemblage des bonnes briques :
- Un actif solaire performant, rénové ou nouvellement installé.
- Une structuration juridique et technique claire.
- Une boucle d’autoconsommation collective bien dimensionnée.
- Un outil de pilotage capable de suivre l’opération dans la durée.
Gensac-sur-Garonne illustre une conviction forte : les communes disposent déjà d’un potentiel énergétique local important. L’enjeu est désormais de le rendre exploitable, partageable et pilotable.


