Le nouveau cahier des charges CRE change la gestion du risque économique
Le cahier des charges de l’appel d’offres CRE “Bâtiments, serres agrivoltaïques et ombrières >500 kWc” ne se limite pas à fixer des critères techniques ou administratifs.
Il redéfinit en réalité la manière dont le risque marché est réparti entre l’État et le producteur.
Au cœur du mécanisme : le traitement des heures à prix spot négatif.
Le texte introduit une définition précise du Nombre d’Heures de Prix Négatifs. Ces heures, lorsqu’elles dépassent un certain seuil annuel, viennent impacter le mécanisme de complément de rémunération. Le plafond annuel de production soutenue est ajusté en fonction du nombre d’heures pénalisantes.
Dans un contexte de montée en puissance du solaire, ces heures négatives vont mécaniquement se multiplier.
Le modèle historique : injection totale avec complément sécurisé, devient plus sensible à la volatilité marché.
Le traitement des heures négatives ouvre un espace stratégique pour l’ACC
C’est ici que l’autoconsommation collective prend une dimension nouvelle.
Le cahier des charges reconnaît explicitement plusieurs natures d’exploitation :
- injection sans autoconsommation
- autoconsommation individuelle
- participation à une opération d’autoconsommation collective
- combinaison des deux
Mais surtout, les heures durant lesquelles l’électricité est autoconsommée dans le cadre d’une opération d’ACC ne sont pas comptabilisées de la même manière que l’injection pure lorsqu’il s’agit de déterminer les heures négatives pénalisantes.
Concrètement :
- L’énergie valorisée localement est moins exposée aux prix spot négatifs.
- Elle ne vient pas mécaniquement dégrader le plafonnement du complément de rémunération.
- Elle permet de stabiliser une partie du modèle économique.
Dans un système électrique de plus en plus volatil, cela change la lecture stratégique d’un projet >500 kWc.
Vers des montages hybrides AO + ACC
Historiquement, structurer un projet en appel d’offres CRE consistait principalement à optimiser son prix d’offre.
Désormais, la question devient plus large :
Quelle part de la production doit être injectée ?
Quelle part doit être sécurisée localement ?
Les montages hybrides combinant complément de rémunération et autoconsommation collective prennent tout leur sens. Ils permettent d’arbitrer entre exposition marché et valorisation locale, tout en sécurisant une partie des flux.
L’ACC n’est plus uniquement un projet territorial ou environnemental.
Elle devient un outil de gestion du risque économique.
Conclusion
Le nouveau cahier des charges CRE n’annonce pas explicitement une réforme de l’autoconsommation collective.
Mais il envoie un signal clair : dans un système marqué par la multiplication des heures négatives, la valorisation locale devient un levier de sécurisation.
Pour les développeurs, investisseurs et financeurs travaillant sur des projets >500 kWc, intégrer l’ACC dès la phase de structuration n’est plus une option périphérique, c’est une réflexion stratégique.
Comment Jane peut vous aider
Structurer un montage hybride AO + ACC ne s’improvise pas.
Chez Jane, nous avons conçu la plateforme pour permettre aux développeurs et producteurs de :
- Simuler la rentabilité d’un projet en appel d’offres
- Comparer injection pure et valorisation en autoconsommation collective
- Structurer opérationnellement une ACC
- Piloter ensuite l’opération dans la durée
Dans un marché qui devient plus sophistiqué, disposer d’outils de simulation et de structuration adaptés devient un avantage compétitif.
Si vous travaillez actuellement sur un projet >500 kWc et que vous vous interrogez sur l’arbitrage injection / valorisation locale, c’est probablement le bon moment pour intégrer cette dimension dans votre stratégie.



